Après avoir dévoré Rival il y a quelques jours je suis ravie de te retrouver avec cette histoire ! J’ADORE !!!! (promis je sors un commentaire sur Rival dans les prochains jours !)
Je suis tellement heureuse de savoir que tu as dévoré Rival ! J’ai hâte de lire ton avis. Ça me touche beaucoup d’apprendre que tu es directement venu(e) lire ma nouvelle histoire. Ça change un peu mais il y a toujours de la romance ! J’espère que la suite te plaira 😉
Je te remercie pour ta réponse. On est en train d’avoir un débat super intéressant. En effet, je pense que pour me faire un avis final j’attendrai la fin de ta nouvelle et je n’hésiterai pas à te le partager avec grand plaisir!
Pour te répondre, je voudrais quand même aller un peu plus loin dans ma critique du contexte historique que tu décris. Même si je vois parfaitement la volonté que tu as de décrire le point de vue biaisé de tes personnages.
On peut s’interroger en tant que lecteur: où commence ta volonté de décrire le point de vue biaisé d’une jeune femme qui vit dans un univers dystopique, et là où il s’arrête, c’est-à-dire, ta propre vision de l’Histoire.
En revanche, je voudrais te contredire lorsque tu dis que tu crois ton lectorat suffisamment intelligent pour s’instruire lui-même. Si on fait deux grilles de lecture, on voit d’un côté un monde dystopique créé de toute pièce, et de l’autre un contexte historique. C’est là où je ne suis pas d’accord avec toi lorsque tu dis qu’il y a toujours quelque chose qu’on aurait pu dire en plus. Il y a toujours quelque chose à expliciter lorsque le contexte historique n’est pas rigoureux. Sauf si c’est un choix artistique. Et dans ce cas-là, le lecteur doit être prévenu, car ce n’est pas à lui de faire des recherches spontanément après l’évocation d’un événement historique.
Un préambule serait idéal. Le lecteur est prévenu que le contexte historique est biaisé, que dans ton histoire, tu présentes les communards d’une certaine façon, et qu’à travers les personnages, il y a une critique de cette période.
Au plaisir de te relire, j’attends avec hâte la suite.
Coucou, je te suis sur insta et je suis ravie de voir que tu postes un nouveau roman. J'adore tes descriptions d'un Paris dystopique et le côté romance est très bien introduit et me laisse en haleine.
Même si l'ambiance générale est assez sombre et apocalyptique, je trouve qu'il y a quelque chose de très chaleureux et rassurant dans ta façon d'écrire et de faire vivre tes personnages.
Vraiment.
Cependant, si tu me le permet, je voudrais émettre une critique. Tu reprends plusieurs fois l'expression de la Commune et des communards. Est-ce que c'est bien une référence à la Commune de 1871 ? Parce que si oui, je trouve que tu la mentionnes assez injustement. Ce n'est que mon humble avis mais je pense que même si ton roman (qui a l'air excellent) est une fiction, tu ne devrais pas présenter cet événement historique de façon aussi négative.
Je m'explique: la Commune a été une insurrection qui s'est finie très violemment (et c'est bien que tu mentionnes l'horreur de cette période, notamment lors de la mention du décès des parents de Judith). Mais ça été surtout un événement historique marquant dans l'histoire ouvrière et sociale de la fin du XIXème siècle. En mars 1871, Adolphe Thiers a souhaité purger Paris de « tous les rouges » et a fait entreposer les canons de la Garde nationale sur la colline de Montmartre. Les Parisiens ont élevé des barricades pour s'y opposer et ont pactisé avec les soldats de la Garde nationale. Ils ont organisé de nouvelles élections pour créer un nouvel ordre politique, qui sera violemment reprimé lors de la semaine sanglante. Certains projets de la Commune sont révolutionnaires pour l'époque (et témoignent selon moi de la modernité de cet événement) : le divorce par consentement mutuel, l'enseignement laïc et obligatoire, la séparation de l'église et de l'état, ...
Pourtant, dans les deux premiers chapitres de ton roman, tu présentes les Communards comme des individus despotiques et assoiffés de sang, qui auraient tout détruit sur leur passage (et auraient vraisemblablement vaincu l'ordre établi). Je m'étonne lorsque MMM est décrit comme un communard. Tu considères ce personnage donc d'inspiration ouvrière et orienté à gauche ? Tu le vois comme une personnalité politique qui aurait réussi à se hisser comme leader/ dictateur lors d'un mouvement révolutionnaire et démocratique ?
Le Paris de 2023 et celui de 1871 se mélangent, cela est incroyablement intéressant la plupart du temps mais sur ce point là c'est à revoir selon moi. Si tu trouves cette critique pertinente, je me permet de citer les deux passages qui ont choqués l'historienne en moi :
(Chapitre 1)
"Trois communards s'asseyaient actuellement dans les Confidents en velours de soie cramoisi de Napoléon III." Parce que mentionner Napoléon III floute cette frontière déjà fine entre des contestataires d'un évènement historique et ceux d'un roman fictif.
(Chapitre 2)
"Les révoltés avaient rapidement revendiqué l'héritage de la commune, tous menés par le charismatique MMM. Le programme était simple : expropriations et pillages, au moyen du crime s'il le fallait. Le camp était divisé en deux, les communards et les lésés. Mes parents avaient été assassinés le soir-même où les communards étaient entrés chez nous par effraction."
Parce que même si ces révoltés en question se servent de cet événement pour justifier leur action, en tant qu'auteur, tu devrais faire attention à ne pas t'approprier ce discours de révisionnisme historique.
Voilà, pour finir, je trouve que faire plusieurs analogies historiques sur Paris est une excellente idée (je souligne particulièrement celle Montmarcy// Montmartre). Cependant, selon moi, cela ne devrait pas être un moyen de révisionnisme historique, parce que c'est dangereux (on le voit notamment avec l'actualité poltique) et que, parmi des jeunes lecteurs, ces chapitres peuvent devenir des vecteurs de désinformation. Et c'est dommage pour une période historique aussi riche que la fin du XIXème siècle.
Si tu le souhaites, tu peux supprimer mon commentaire. Je n'aurai aucun souci avec cela. Je tenais à te prévenir car pour moi c'est la seule ombre au tableau d'un roman qui s'annonce excellent.
Je te souhaite un beau parcours d'écrivaine.
Coucou Nina, je trouve ton commentaire extrêmement pertinent ! Effectivement, ce n’est que le début de l’histoire et donc tous les éléments ne sont pas encore dévoilés. La Commune est un épisode fascinant de notre histoire et que j’ai étudié en profondeur. Ce que tu soulèves est extrêmement juste et tu me permets de te faire part précisément de mes convictions concernant le roman : le roman est selon moi une scène sur laquelle chaque personnage représente une vision partielle et subjective de la réalité.
Ici, le personnage de Judith est un personnage engagé. Son engagement ne veut pas dire qu’il est juste, et le fait que qu’elle soit la protagoniste ne signifie pas qu’elle soit juste moralement (j’ai d’ailleurs pour habitude d’avoir des personnages qui ne sont pas tout blancs de ce point de vue). Sa vision de la réalité est biaisée comme tu l’as vue, d’autant plus que c’est elle qui raconte l’histoire.
La suite de l’intrigue te permettra davantage de découvrir le personnage de Milan, sa vision des choses (dans ce qu’elle a de bien et de mauvais) et justement ses influences. C’est un personnage que j’aime beaucoup et qui me tient énormément à cœur. Sans spoiler la suite, mon objectif est de créer chez le lecteur le même trouble qui naît dès à présent chez Judith. Pour l’instant, le personnage de Milan n’a par ailleurs pas eu suffisamment de place pour s’exprimer, ce qui viendra. Mon intention n’est nullement de dresser un portrait final des Communards (et de ceux qui s’auto-proclament lésés) qui serait manichéen. Qu’il s’agisse des véritables Communards ou de ceux de cette nouvelle.
Mais, pour justifier l’usage du mot Commune, j’ai deux arguments qui m’ont motivée en ce sens : 1) le premier c’est que je ne me voyais pas reparler d’un régime propre à la ville de Paris sans y faire référence. Je me serais trouvée trop déracinée, et même que l’allusion aurait été trop évidente et j’aurais trouvé ça presque malhonnête. 2) Tu parles de révisionnisme et justement je voulais soulever (implicitement, dans le cadre réduit qu’est une nouvelle de 10K mots) le sujet des héritages historiques et de ceux qui s’en emparent injustement. Aujourd’hui, tout le monde se réclame d’un héritage et le modifie à sa guise pour servir ses intérêts politiques ou culturels. C’est un sujet fascinant !
Quand à l’argument des jeunes lecteurs, effectivement je suis d’accord avec toi. Pendant très longtemps, j’ai écrit des romans spécifiquement Young Adult et j’ai pris garde à adapter mon texte à ce jeune lectorat. Cette nouvelle s’inscrit dans ma volonté récente de viser un public plus adulte et bien sûr je ne peux pas transformer mon roman en manuel. Je ne veux pas sous-estimer les qualités intellectuelles de mon lecteur et partir du principe qu’il ne connaît pas la Commune ou d’autres événements. En tout cas, je crois mon lecteur suffisamment intelligent pour s’instruire de lui-même.
Cependant, et ça a l’air d’être ta conviction à toi aussi, mon objectif est de brosser un tableau nuancé (mais néanmoins critique par moment) de cette situation politique fictionnelle. Il est certain qu’en deux chapitres, une seule vision de la réalité a pu être montrée.
J’accepte ton commentaire et tes remarques avec joie. Je t’attends au tournant pour la suite ! N’hésite pas à me faire part de tes remarques. La rigueur intellectuelle et morale c’est fondamental dans un roman. Bien sûr, le roman (ou la nouvelle dans ce cas) est toujours insuffisant. Il y a toujours quelque chose qu’on aurait pu dire en plus et c’est, je crois, une des plus grandes difficultés du métier d’auteur !
À très bientôt,
Maxandre
Un grand merci ! Je me retiens de déployer certains éléments pour faire avancer le récit. Parfois ça me démange, il faudrait plus de dix chapitres pour faire le tour de ce qu’il y a à dire. J’espère que ma sélection des détails te plaira au cours de la nouvelle ☺️
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